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La thrombose veineuse cérébrale ou thrombophlébite consiste en l'obstruction d'une veine cérébrale par un caillot de sang. Les artères amènent du sang chargé d'oxygène et de sucre au cerveau ; les veines en repartent pour éliminer les déchets.

La thrombophlébite cérébrale

L'obstruction d'une grosse veine conduit à l'accumulation de sang dans le cerveau, ce qui cause un oedème et du coup une augmentation de la pression à l'intérieur du cerveau et un défaut d'irrigation par compression des artères. La thrombophlébite cérébrale peut donc conduire à une souffrance du cerveau de même nature que les AVC ischémiques : une partie du cerveau peut souffrir d'un manque d'oxygénation.

C'est une cause rare d'AVC (moins de 2% des AVC,incidence de 3 à 4 cas par millions d'habitants) : les signes sont souvent trompeurs car partagés par d'autres maladies neurologiques.

Les symptômes sont très variables : maux de tête violents et "différents de d'habitude" (en particulier chez les migraineux), augmentant progressivement (donc les urgentistes ne penseront pas en premier lieu à un AVC dont le début est brutal), des signes de souffrance d'une partie du cerveau (symptômes neurologiques tels qu'une aphasie, une hémiplégie...), crise d'épilepsie, coma d'emblée ou troubles de la vigilance, crises d'allure psychiatrique...

La thrombose veineuse cérébrale peut être due à un maladie du sang, un traumatisme crânien, une infection ORL, une tumeur cérébrale, un cancer, une maladie auto-immune ; elle peut arriver pendant la grossesse ou après l'accouchement, suite à un traitement contraceptif d'où une fréquence accrue chez la femme jeune.

Les patients atteints d'une thrombophlébite cérébrale sont traités par anticoagulants (même s'ils présentent une hémorragie car le risque vital de la thrombose est plus important que celui d'une hémorragie) ; ceux-ci évitent la formation de nouveaux caillots. Parfois, lorsque l'oedème comprime trop le cerveau à l'intérieur de la boite crânienne une opération chirurgicale (la craniectomie décompressive) est nécessaire : le chirurgien enlève un volet osseux pour laisser de la place au cerveau le temps que les traitements médicamenteux fassent céder l'oedème.

Les séquelles dépendront de l'impact de l'oedème en phase aigue. Il existe un risque mortel si la circulation dans la veine n'est pas rétablie suffisamment rapidement pour faire baisser la pression dans le cerveau liée à l'oedème. Les séquelles seront variables également en fonction de la veine impliquée mais souvent le territoire cérébral touché sera plus vaste que celui d'un simple AVC ischémique (l'oedème ne fait pas le tri et plusieurs territoires artériels peuvent être simultanément lésés).

La thrombophlébite cérébrale est rare ; de ce fait, les professionnels qui s'en occupent la connaissent moins bien. Si vous dites à un neuropsychologue d'évaluer les séquelles d'un AVC thalamique gauche il aura déjà une idée de la symptomatologie cognitive (la mémoire, le langage, les fonctions exécutives, l'exploration spatiale pour le côté droit seront "à risque") avant même de rencontrer la personne touchée ; dans le cadre d'une thrombophlébite cérébrale il ne saura pas à quelle présentation cognitive s'attendre sans que lui ait été précisées les zones cérébrales réellement lésées (le bilan exhaustif sera fait dans les deux cas, mais le professionnel se retrouve dans une zone d'inconfort intellectuel, sur un domaine où il n'a pas des connaissances régulièrement renforcées par l'expérience).

Les patients se sentent souvent assez isolés car ils ne se retrouvent pas dans les descriptions des autres AVC.

Tag(s) : #2 AVC qu'est-ce que c'est, #AVC, #Santé, #Diagnostic

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