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Le soutien psychologique

L'AVC provoque un choc psychologique : une personne jusque-là en pleine forme, souvent active, pleine d'énergie, avec une vie professionnelle et familiale voit d'un coup son autonomie bouleversée. Selon la gravité des manifestations, ce choc peut correspondre à un réel traumatisme psychologique.

Les conséquences psychologiques des lésions cérébrales peuvent être dévastatrices que les séquelles soient éphémères ou durables : la personne atteinte d'un AVC ou même d'un AIT expérimente l'handicap, ou pour le moins la dépendance, partielle ou totale… Cette expérience est déstructurante pour l'image plus ou moins stable que la personne avait d'elle-même jusque-là. Il faut s'adapter, se bagarrer pour la rééducation, se battre avec son corps pour lui faire ré-apprendre ce qu'il a perdu "à son corps défendant".

C'est là aussi la particularité des conséquences psychologiques de l'AVC : l'ennemi vient "de l'intérieur", le corps s'est mis lui-même en échec. Sur le plan psychologique et de l'expérience subjective de son propre corps, il est difficile d'élaborer sur ces scissions, ces juxtapositions de "quelque chose qui abime" (le caillot, l'hypertension…) et de "quelque chose qui est abimé" (la zone touchée par l'AVC, les membres malhabiles, les outils de la pensée indisponibles…) : le patient porteur d'un AVC vit parfois intensément ces conflits intérieurs sur le plan de son image corporelle et leurs retentissements dans son image familiale et sociale.

Le soutien psychologique

Parfois aussi, l'AVC touche une personne dont la vie personnelle, émotionnelle, affective était déjà déstabilisée et la lésion cérébrale va fragiliser encore celui qui en souffre.

De façon exceptionnelle, l'AVC affecte des personnes souffrant déjà de problèmes psychologiques importants (maladie psychiatrique, trouble de la personnalité…) ; ces problèmes préalables vont rendre difficiles l'appropriation des faits liés à l'AVC, l'acceptation des soins et des rééducations, la réadaptation à la vie quotidienne... Une approche compréhensive par la psychologie clinique permet de réduire cette perte de chance liée aux troubles psychologiques pré-existants.

Le psychologue clinicien est formé à l'accompagnement et au soin psychique : il propose des entretiens permettant à la personne qu'il rencontre de faire le point sur sa situation, de restaurer son image d'elle-même lorsqu'elle est dégradée par la maladie, de redéfinir ses aspirations personnelles et subjectives...

Le soutien psychologique

L'AVC provoque régulièrement et rapidement une réaction dépressive. L'expérience de la fragilité, le choc émotionnel du vécu de vulnérabilité liée aux symptômes et à la prise en charge en aigu, l'angoisse que les symptômes perdurent dans le temps, qu'ils puissent récidiver… tous ces éléments contribuent à une fragilisation psychique pour laquelle l'accompagnement psychologique est primordial.

Les conséquences psychologiques - au delà du fait qu'elles sont pénibles à vivre pour le patient et altèrent sa qualité de vie - peuvent en effet :

- limiter l'adhésion du patient aux traitements curatifs et préventifs

- entraver la démarche active indispensable à une bonne rééducation

- retarder son réinvestissement familial, sa resocialisation comme son retour à l'emploi…

Les répercussions psychologiques de l'AVC sont du coup susceptibles de pénaliser longtemps le patient pour son retour "en santé suffisamment bonne", sinon en sa guérison. Leur traitement et leur accompagnement doivent faire l'objet d'une démarche de soins spécifique.

J'ai la chance de bénéficier au quotidien de la présence bienveillante de Sophie Binet, psychologue clinicienne à mi-temps dans le service de neurologie. Elle se présente régulièrement aux personnes affectées par un AVC dès l'entrée en unité de soins intensifs neurovasculaires ; Mme Binet propose également des entretiens pendant toute l'hospitalisation et dans certains cas peut ponctuellement revoir les personnes à distance ou bien les orienter pour la poursuite d'un accompagnement vers un collègue libéral ou extérieur (CMP, associations...).

Mme Binet co-anime par ailleurs les groupes de soutien pour les patients AVC depuis janvier 2016.

Tag(s) : #3 Prise en charge aigue, #6 Rééducation post AVC, #AVC

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