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Syndrome frontal et troubles dysexécutifs

Après une lésion frontale (c'est-à-dire de l'avant du cerveau), certains patients développent des troubles du comportement appelés couramment par les professionnels "syndrome frontal".

En fait, il existe "des" comportements évocateurs de lésion frontale qui peuvent se ranger en deux grandes catégories : le syndrome frontal "passif" et le syndrome frontal "actif". Les choses sont un peu plus complexes que cela puisqu'il s'agit plutôt d'une constellation de symptômes qu'un patient peut présenter de façon plus ou moins intense, à certains moments et dans certaines circonstances plutôt que d'autres. Le caractère antérieur va par ailleurs pondérer parfois l'expression de ces symptômes. Le neuropsychologue, du fait de sa connaissance du psychisme humain, tente toujours de mettre en relation la symptomatologie actuelle avec le caractère et les habitudes de vie antérieurs, rapportés par le patient ou sa famille (les lésions frontales sont fréquemment associées à une difficulté à reconnaître ses propres difficultés, l'anosognosie ; le témoignage de la famille est donc très important).

Dans le syndrome frontal "passif", la personne est peu réactive, a perdu ses centres d'intérêt, s'isole, reste en retrait. Parfois, elle se néglige sur le plan de l'hygiène, ne prend plus garde à son apparence (vêtements, coiffure, maquillage…). Cette façon d'exprimer la lésion frontale est peu gênante dans le cadre des soins et c'est souvent les familles qui rapportent un changement par rapport au comportement antérieur. Ce n'est pas dans le temps de l'aigu qu'elles vont s'en rendre compte (on met le changement sur le compte du choc de l'hospitalisation ou du contrecoup de l'AVC), mais plus tard après quelques temps de vie au domicile. La personne ne reprend pas ses activités habituelles, passe son temps devant la télé, ne bricole plus, ne s'occupe plus de son intérieur, ne s'investit plus dans la vie familiale...

Dans le syndrome frontal "actif", le comportement s'exprime bruyamment : les personnes sont plus désinhibées, vont dire plus de gros mots, avoir des gestes déplacés. Elles vont parfois développer des idées fixes, des obsessions, persévérer sur les mêmes actions qu'elles vont sans cesse répéter… Elles sont plus irritables, plus colériques. Ces difficultés comportementales sont repérées plus rapidement que le syndrome frontal "passif", et vont se révéler gênantes précocement et dans les soins et dans la vie familiale. La famille est dans une souffrance importante, la personne malade ne se ressemble plus.

Les troubles comportementaux de la série frontale sont particulièrement sévères dans certaines atteintes neurologiques (traumatisme crânien, tumeurs frontales) ; ils interviennent aussi de façon variable chez les personnes souffrant d'AVC selon la localisation de la lésion vasculaire.

Séquence d'interaction possible entre un médecin et une personne atteinte de syndrome frontal (merci à nos amis canadiens)

Tag(s) : #5 Séquelles possibles de l'AVC, #AVC, #Santé

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