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Avoir un proche atteint d'AVC… Les aspects relationnels

La survenue d'un AVC chez un membre de sa famille (un parent, un conjoint, un enfant…) met à mal tout un équilibre préalablement acquis : une personne normalement participante (ou indispensable) voit brutalement son rôle amoindri ou des situations de soutien s'inverser. Elle pouvait jusque-là aider, elle devient celle qu'il faut aider.

En premier lieu, cette situation est pénible pour la personne atteinte d'AVC elle-même : non seulement elle doit affronter et surmonter les difficultés nouvelles de son fonctionnement, mais elle subit aussi et doit gérer ces modifications relationnelles avec ceux qui lui sont le plus cher. Une maman doit désormais être aidée de ses enfants et de son mari dans les tâches ménagères ; certes, avant elle le réclamait, mais quand il ne lui est plus possible d'assumer les tâches qu'elle réalisait seule avant, sa seule envie est d'y parvenir de nouveau, en autonomie (la demande de participation reprendra ses droits ensuite…). Un papa requiert de l'aide pour trouver sa canne ou pousser son fauteuil roulant alors que son entourage le reconnait seul compétent pour les travaux de force. Il peut s'agir de blessures importantes sur le plan psychique, qui se surajoutent à la blessure physique de l'AVC et à ses conséquences sur l'autonomie.

Avoir un proche atteint d'AVC… Les aspects relationnels

Les proches ont parfois du mal à s'adapter aux nouveaux besoins d'assistance de la personne atteinte d'AVC.

Ils peuvent ainsi dans la vie quotidienne se montrer trop protecteurs, faire "à la place de" pour éviter toute peine, dresser autour de la personne atteinte d'AVC des barrières de protection ne laissant filtrer que les intervenants dits "bienveillants". Le risque est alors :

- que la personne atteinte d'AVC se sente dépossédée de sa capacité à décider pour elle-même (il pourra s'ensuivre une irritabilité accrue, ou une réaction dépressive face à l'incapacité qu'on lui reconnait)

- qu'on l'empêche de récupérer car la confrontation à la difficulté va permettre à la personne atteinte d'AVC de développer des stratégies de compensation (s'il n'y a pas de difficulté apparente, elle ne peut imaginer de solution pour la contourner)

- qu'on l'isole du monde extérieur pour éviter tout risque de quoi que ce soit (et c'est oublier que la vie est par essence parsemée de risques qu'il se passe des choses désagréables voire fatales, et qu'on y peut pas grand chose)

Les proches surprotecteurs doivent donc, dans l'intérêt de la personne atteinte d'AVC, faire un effort sur eux-mêmes pour lui laisser une marge de manoeuvre optimale pour tous ; ils veulent bien faire et doivent continuer de pouvoir aider mais doivent aussi apprendre à laisser leur proche respirer, décider pour lui-même et se confronter régulièrement à des difficultés afin de pouvoir mener à bien sa récupération.

Avoir un proche atteint d'AVC… Les aspects relationnels

Il n'est pas question "d'abandonner" son proche atteint d'AVC ; le besoin d'aide est réel, ne serait-ce que sur le plan psychologique. Il existe de multiples façons de se montrer utile auprès d'un proche atteint d'AVC :

- lui demander comment il se sent, ce qu'il souhaite pour lui-même, être disponible pour lui s'il en a besoin et en fait la demande, le comprendre dans les besoins qu'il exprime

- se renseigner sur les conséquences de l'AVC et pouvoir comprendre les réactions de son proche face aux séquelles

- savoir utiliser les objets nécessaires parfois à la compensation des séquelles afin des les proposer à bon escient et au bon moment

mais aussi accompagner aux visites médicales et aux examens, l'assister pour les tâches ménagères tout en lui en laissant une partie qui lui reste accessible, faire des démarches administratives...

Vivre avec les séquelles d'un AVC est parfois difficile, la place des proches est primordiale mais leurs interventions doivent être justement dosées.

Avoir un proche atteint d'AVC… Les aspects relationnels

Il est très important pour la personne atteinte d'AVC que ce dernier n'ait pas modifié complètement les relations qui existaient préalablement dans la famille. Il n'est pas recommandé de se forcer à soutenir, aider, accompagner… Le pire pour la personne atteinte d'AVC serait de se rendre compte qu'on agit auprès d'elle par pitié ou pour préserver sa bonne conscience.

Il est essentiel de ne pas changer le type de relations qu'on avait avant l'AVC avec la personne qui en est affectée. Et s'autoriser à lui faire des reproches quand cela est nécessaire constitue à mon sens une façon de la reconnaître comme ce qu'elle a toujours été (ce que nous sommes tous) : un être humain imparfait mais perfectible.

Seul le maintien d'une bonne communication (prendre le temps régulièrement de s'assurer que nos interventions mutuelles les uns auprès des autres sont cohérentes, bien comprises, appréciées…) peut garantir le bien-être de chacun. Cette communication passe préférentiellement par le langage oral, mais - si celui-ci est affecté par l'AVC - il est la plupart du temps possible de trouver d'autres moyens de la maintenir...

Tag(s) : #AVC, #9 Familles, #6 Rééducation post AVC, #3 Prise en charge aigue, #Santé

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