Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'alimentation après un AVC, à quoi être vigilant ?

Après un AVC (en particulier ischémique), il peut être nécessaire de revoir ses modes d'alimentation. Le surpoids, le diabète, l'hypercholestérolémie sont fréquemment associés à la survenue de l'AVC et la prévention de la récidive passe alors par une vigilance vis-à-vis de certains pièges fournis par nos alimentations.

Il est hors de question de culpabiliser, juste de connaître les enjeux et voir quels axes d'amélioration on peut se choisir à titre personnel. L'idée est, plutôt que de se priver de tout, de contourner certains pièges et de réserver la consommation "plaisir" à certaines occasions, en toute connaissance des risques.

Des personnes ayant fait un AVC ont parfois des pratiques alimentaires irréprochables, et dans ce cas-là il n'est pas utile de changer grand-chose à sa façon de manger. Il y a néanmoins certains pièges auxquels être vigilant même quand l'indice de masse corporelle et le taux de cholestérol sont normaux.

 

L'alimentation après un AVC, à quoi être vigilant ?

I Le sel

Le sel rehausse le goût des aliments. On ne s'en méfie pas assez mais il est à l'origine d'une augmentation de la tension artérielle. Ce n'est pas forcément le sel "visible", celui qu'on ajoute à l'assiette, dont il faut se méfier. Celui-là, on peut facilement le contrôler.  Ce n'est souvent pas non plus celui que le cuisinier ou la cuisinière met dans des plats faits maison. Là encore, il est facile de faire attention après un AVC à ne pas avoir la main trop lourde sur l'osso buco.

Le sel dont il faut se méfier, c'est celui qu'on ne voit pas !

Il est dans les charcuteries, les fromages, les plats industriels... Les modes de vie actuels conduisent à une consommation accrue de plats tout prêt, que ce soit sur le lieu de travail ou le soir en rentrant. On manque de temps pour tout et en premier lieu pour préparer un repas de ses mains... Du coup, les plats industriels sont des alternatives choisies par bon nombre de parents qui préfèrent réserver du temps pour d'autres tâches (détente, enfants...). L'idéal serait de cuisiner en famille, mais là... on n'est plus dans la petite maison dans la prairie (quoique ;) ).

Les plats industriels sont des nids de sel. Vous voulez être raisonnable et vous n'en avez pas le temps. Vous vous dites : "allez, ce soir, c'est soupe !" et vous piochez dans le placard. Sauf que les soupes industriels sont bourrées de sel. Mieux vaut du coup s'acheter des légumes surgelés (non assaisonnés !) ou frais déjà épluchés et taillés et d'assurer soi-même le moulinage et l'assaisonnement... 
Les plats cuisinés industriels doivent mentionner le taux de sel (ou de sodium) sur leurs étiquettes. Certains jouent d'ailleurs le jeu d'afficher le taux d'apport journalier recommandé AJR en sel (la part de sel contenu dans le plat par rapport à l'apport maximal recommandé). Jetez y un oeil à l'occasion !

Une étiquette de pizza industrielle

Une étiquette de pizza industrielle

Un comparatif hallucinant de lasagnes par nos voisins suisses :s (source Le matin)

Un comparatif hallucinant de lasagnes par nos voisins suisses :s (source Le matin)

NB : la quantité de "sodium" affichée doit être multipliée par 2,5 pour obtenir la valeur de sel correspondante

Le pain (baguette), les condiments (moutarde, ketchup....), les boites de conserves... contiennent également du sel.

Les recommandations pour une bonne santé (ANSES) sont de ne pas dépasser 8 grammes  de sel par jour chez l'homme, 6 chez la femme. L'organisation mondiale de la santé descend même ce taux à 5 grammes par jour. Par contre, le sel est aussi nécessaire à une bonne santé avec une quantité minimale recommandée de 3 g par jour.

Conseil : si on n'a pas le temps de cuisiner, privilégier les produits "à assembler" soi-même et les moins préparés possible ou s'orienter vers des produits affichant un taux de sel favorable... (repérer ses marques à l'avance dans des comparatifs)

L'alimentation après un AVC, à quoi être vigilant ?

II Les mauvaises graisses

Les mauvaises graisses encrassent le système cardiovasculaire (elles se fixent à l'intérieur de la paroi des artères et entravent la bonne circulation du sang).

Le taux de cholestérol et de triglycérides doivent être contrôlés régulièrement après un AVC ; souvent le patient se voit prescrire un médicament anti-cholestérol en cours d'hospitalisation et le suivi de ce médicament sera effectué par le médecin traitant. Mais le médicament ne peut pas non plus être considéré comme un droit de consommer gras ; les graisses ne surchargent pas les artères mais vont être susceptibles de générer un surpoids (elles continuent d'être digérées... :) ).

Les taux sanguins de cholestérol et de triglycérides peuvent aussi être abaissés par une alimentation mieux équilibrée. Le maître mot étant d'être vigilant aux graisses en particulier animales contenus dans l'alimentation.
Encore une fois le fromage et les charcuteries sont en première ligne. Ils associent taux élevés de sel et de graisses (des champions !). 

Les modes de cuisson (cuisine au beurre, cuisine à la crème) peuvent également être incriminés. On peut s'orienter vers la cuisson vapeur, le rôtissage (sans conserver la graisse), la cuisson sur plaque chaude type plancha... De nouveaux produits sont arrivés sur le marché pour limiter la quantité des graisses de cuisson (vaporisateur).

On peut privilégier les poissons et les viandes maigres, dégraisser au maximum les viandes grasses, enlever la peau des volailles.
Les laitages (yaourts, crème...) et les oeufs sont des sources non négligeables de graisses animales.

Après, tout est affaire de choix en fonction de ce qu'on a l'habitude de manger. Chacun (viandard, bec-à-sucre...) est conscient de ses zones de risque alimentaires et peut après un AVC essayer de les prendre en compte pour éviter la récidive.

 

source http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/24288/ch07.html

source http://theses.ulaval.ca/archimede/fichiers/24288/ch07.html

Pour aller plus loin, on peut distinguer différentes graisses ou lipides, selon leur composition en molécule d'acides gras

- Les acides gras insaturés :
a) monoinstaurés ou oméga-9 (présents dans l'huile d'olive, les noix, les arachides, l'avocat...)
b) polyinsaturés de type oméga-3 (graine et huile de lin, noix...) ou oméga-6 (huile de soya, de maïs, de tournesol...)
Les oméga-3 et -6 supportent mal les cuissons à haute température (ils se transforment alors en acides gras trans).

- Les acides gras saturés
Ils sont d'origine animale (beurre, crème, saindoux, graisse d'oie...) ou végétale (huile de noix de coco, huile de palme)

- Les acides gras trans ou hydrogénés
Contenus majoritairement dans les plats industriels (ils améliorent la texture et la conservation des plats), les viennoiseries, les barres chocolatées... Voir l'article de l'ANSES

Si tous les acides gras peuvent contribuer au surpoids s'ils sont ingérés en trop grandes quantités, les acides gras trans et les acides gras saturés sont les grands Satans sur le plan cardiovasculaire. Ils sont en effet responsables de la formation de mauvais cholestérol.

L'alimentation après un AVC, à quoi être vigilant ?

Un ennemi mal connu : la réglisse

Le principe actif de la réglisse augmente l'hypertension artérielle ; toutes les formes de consommation sont concernées (tisane, bâtons, bonbons...). Attention dans le choix des coupe-faims ! :)

 

La consommation de produits sucrés en trop grande quantité conduit à la formation de graisse corporelle et donc au surpoids. Le diabète et l'alcool feront l'objet de chapitres distincts.

Tag(s) : #AVC, #4 Prévention, #9 Familles

Partager cet article

Repost 0